Résister au démantèlement silencieux des espaces démocratiques
Au cours des trente dernières années, les gouvernements qui se sont succédé au Québec ont progressivement vidé de leur substance les instances au sein desquelles les citoyennes et citoyens, les usagères et usagers des services publics ainsi que les travailleuses et travailleurs pouvaient exercer un réel pouvoir décisionnel. Ce démantèlement s’est opéré de manière graduelle, souvent sous couvert de modernisation administrative ou de lutte contre la bureaucratie, et fréquemment à l’abri de l’attention médiatique qu’il aurait pourtant méritée. À l’échelle d’une génération, le constat est frappant : les espaces où les Québécoises et Québécois pouvaient délibérer collectivement de l’orientation des services publics ont, pour la plupart, disparu ou été vidés de leur sens.